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 Vétilles [libre]

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Glenn
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MessageSujet: Vétilles [libre]   Ven 8 Avr - 10:54

La ville ne semble pas avoir change le moins du monde. Tout est dans le même état que lorsqu’elle l’a quittée, quelques mois plus tôt. Depuis son arrivée à Clint City, adolescente, Glenn n’a pas souvenir de s’être absentée aussi longtemps. Elle est arrivée par bateau, quelques heures plus tôt. Le temps d’amarrer, elle avait revêtu une robe de haute couture, enfourné ses vêtements de chasse, plus confortables et pratiques mais tellement moins portables en public, dans l’une de ses valises. En fait, c’était la seule robe du genre qu’elle avait emmenée, hormis celle du jour de son départ. Maquillée et coiffée comme si elle se rendait à une soirée très branchée, Glenn descendit du pont avec un port de reine, s’appropriant la ville d’un seul regard. Deux porteurs la suivaient au pas, ses paquets dans les bras. Un taxi l’attendait au bas de la passerelle.

Un frisson la parcourut soudain et elle resserra autour de ses épaules son manteau de vison fétiche. Il faisait décidément plus froid ici qu’au sud. Elle aurait pu allonger son voyage, mais elle avait des choses à faire ici, un statut à conserver et à faire voir, son père dont elle s’ennuyait depuis le jour du départ… Et d’après les nombreux messages qu’elle avait reçu sur son téléphone portable, l’une des compagnies pour lesquelles elle travaillait attendait son retour avec impatience pour qu’elle appose sa signature sur une proposition d’affaire. Elle avait refusé de se faire faxer les documents; elle était partie pour se reposer de son divorce épuisant, pas pour travailler.

Et elle revenait en pleine forme, comme après une bonne nuit de sommeil. Pourtant elle ne s’était pas reposée au sens propre du terme. Elle avait été très active durant ces vacances. L’Afrique était une région qu’elle avait déjà visitée par le passé, mais elle n’avait jamais pu y rester plus d’une ou deux semaines, ce qui l’avait toujours empêché d’étudier le paysage, les bêtes qui s’y trouvaient, les raretés qu’elle pourrait dénicher. En six mois, elle avait eu plus de temps que nécessaire pour se familiariser avec la faune locale. L’une de ses valises contenait la fourrure somptueuse et grotesquement énorme d’un lion adulte qu’elle avait chassé lentement, l’étudiant au fil des semaines pour parvenir à le tuer de la façon la plus admirable possible, de la façon qui préserverait le plus la fourrure de la bête. Elle projetait de la décolorer, d’en faire un ornement d’un blanc nacré qui complèterait merveilleusement bien le manteau sur lequel elle travaillait. Avec cette fourrure d’une incroyable perfection, elle pourrait compléter les patrons avec une idée précise en tête et confier la tâche à ses couturières les plus talentueuses.

Elle disputa férocement l’un des porteurs qui faillit renverser la précieuse valise en la mettant dans le coffre du taxi. Elle ne leur donna pas de pourboire et renifla de dédain quand l’un d’eux voulu fermer sa portière à sa place. Une fois bien assise dans le taxi, elle passa un papier parfumé portant son adresse écrite d’une écriture cursive très travaillée. Comprenant qu’elle n’était pas le genre de passagère avec qui il pourrait discuter, il garda le silence et, après un regard à sa cliente dans le rétroviseur, appuya sur le bouton, démarrant le compteur. Juste comme la voiture allait démarrer, quelqu’un toqua à la fenêtre du chauffeur. Glenn soupira. Ce quartier était fameux pour des interruptions en tout genre. Elle ferma les yeux, ignora la courte discussion entre le chauffeur de taxi et l’individu. Elle aurait pu demander à son chauffeur de venir la chercher au port, seulement elle avait renvoyé tous ses employés lors de son départ, se promettant de recommencer dans du neuf, entourée de gens nouveaux quand elle reviendrait. Elle n’avait engagé, pour le temps de son absence, qu’une dame respectable qui passerait tous les jours pour nourrir et sortir ses trois chiens, Caïn, Abel et Diane. Ces trois-là étaient autre chose qui lui avait manqué pendant son voyage. Normalement elle les emmenait avec elle, mais la décision du départ avait été prise tellement rapidement qu’elle n’avait pas eu le temps de faire vacciner ses précieuses bêtes pour les emmener.

Le chauffeur du taxi se tourna vers elle. Elle l’entendit au cuir de mauvaise qualité de la banquette qui grinça quand il fit un mouvement. Et elle le sentit à son haleine peu engageante. Elle ouvrit les yeux et le foudroya du regard, agacée. Il lui demanda avec un fort accent si ça l’ennuyait beaucoup de partager le taxi avec quelqu’un d’autre. Si ça l’ennuyait ? Bien sûr, que ça l’ennuyait. N’accordant toujours pas un regard à la personne qui se trouvait dehors, Glenn céda toutefois. De se prendre la tête avec un chauffeur ignorant les bonnes manières ne ferait que retarder son arrivée chez elle. Et même si elle était reposée, elle ne se sentait pas le cœur à faire une scène en plein port. Les gens qui se trouvaient ici étaient le plus généralement sans grande classe et de provoquer une dispute ne tournerait sans doute pas à son avantage. Les scènes, elles devaient être jouées et devant des gens qui pouvaient les apprécier, dans des lieux convenus pour le drama social de la jet-set. Elle hocha la tête et se déplaça sur la banquette arrière pour faire de la place à « l’autre » et se mura aussitôt dans une attitude distinguée, très fière. Elle accrocha fermement son regard au paysage qui se trouvait de l’autre côté de la vitre. Et quand la portière de l’autre côté s’ouvrit et qu’elle sentit le cuir bouger et grincer, elle pinça les lèvres. Si quelqu’un lui avait dit qu’un jour elle aurait à partager un taxi … Elle qui déjà ne prenait jamais le taxi.

Sa main droite eut un petit mouvement nerveux et ses doigts tripotèrent l’émeraude de sa mère, passée au majeur de la main gauche. Pourquoi être nerveuse, pensa-t-elle. Eh bien … elle n’était pas dans son élément, ici. Aussi facile c’était pour elle de dormir dans un camp de chasse minimaliste au milieu des bois, aussi difficile pour elle c’était de se trouver dans cette voiture au jaune criard.

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